Samedi dernier je mets en fond sonore la rediffusion de "On n'est pas couché" sur France 2. Y apparaît alors J.-F. Copé, ce beau spécimen appartenant à la famille de Narcissus Sarcasticus, qui à propos de la loi Hadopi dit que l'internaute recevra un warning, un avertissement donc. En utilisant un anglicisme, Copé veux-t-il montrer sa culture générale ? Veut-il montrer qu'il parle anglais ? Il n'y a pas de quoi en être fier : combien de millions d'anglophones dénombre-t-on sur la planète ? Ce warning est plutôt un manque de respect. Ce n'est pas comme souhaiter un bon week-end où tout le monde a intégré de quoi il s'agit. Tant qu'à faire, disons que l'internaute recevra un varoitus*, ou bien un paralajmërim**, ou encore un twissija***.
Si ça continue, c'est l'anglais qu'on va déclarer langue en péril. Rien qu'à entendre ces frimeurs parler de la customisation ou du coaching, je crie "au secours!" Vous voulez frimer ? Faites un petit effort. Ar-ti-cu-lez !
Bon, je n'ai rien à reprocher aux gens à qui on n'a pas donné le choix, qui devant les guichets de cinéma demandent un ticket pour "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" ou pour "Inglorious Basterds". Un peu de compassion pour ces pauvres gens qui au collège ont pris une mauvaise décision en choisissant le portugais.
Pour conclure, je dirai que je suis pour les emprunts, mais avec poids et mesure. Et vivent les néologismes français ! "Gratte-ciel", c'est si poétique.

* avertissement en finnois
** avertissement en albanais
*** avertissement en maltais